29.04.2011
Et battre la campagne
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Felix Valloton
La nuit
Quand la vie est trop triste je prend mon vélo et pars danser avec les autruches. En attendant demain, qui sera -sans nul doute- un autre jour, je prefère leurs plumes chatoyantes et un gin triple sec à mon lit vide de fille sans mec et des rêveries angoissantes.
Si nul ne m'implore dans mon logis crasse d'ennui il faut savoir que quand je sors, à mes pieds est la nuit
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20.04.2011
Si le bonheur échoie à l'homme

Raphaël
Les doigts d'Igor martellaient le comptoir. Il avait les yeux tout rouges. La bouche tordue de ceux qui ont beaucoup pesté. Contre les riches trop riche et les pauvres trop pauvres, la gauche trop socialiste et la droite trop libérale, Céline illisible et Cauet vulgaire. De la rage vaine, vide donc laide. Celle qui rabougris au lieu de faire grandir. Râler pour ne pas penser. A quoi bon d'ailleurs? Finir ses phrases par "C'est comme ça..." les points de suspension étant le clou de la phrase : 3 clous plantés comme des évidences et signifiant : Le monde est fou et bête, je ne le comprend pas
Ou des clous comme une manière de s'autoflageller. Moyen efficace de lui rappeler ce qui lui manque et qui l'empêche de comprendre. Du recul? Du sens? Un jardin des possibles à débroussailler. S'écorcher avec les ronces ignobles mais famillière de nos idées qui ne sont pas notre : semé par d'autres bien pensant puis entretenu maladroitement. Idées filtrées par mille prismes brinquebalant de jardinier paresseux ayant perdu l'usage de leur sécateur. Et de l'esprit initial : pur et fort, il ne reste qu'un ersatz profondément modifié. Le soleil puissant d'orgueil et de fureur était désormais pâle rayon blanchâtre des matins d'hiver. Un pâle rayon ne peut réchauffer, une pâle idée ne peut faire penser.
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