20.04.2011

Si le bonheur échoie à l'homme

Rapha%C3%ABl-Autoportrait.jpg

Raphaël

Les doigts d'Igor martellaient le comptoir. Il avait les yeux tout rouges. La bouche tordue de ceux qui ont beaucoup pesté. Contre les riches trop riche et les pauvres trop pauvres, la gauche trop socialiste et la droite trop libérale, Céline illisible et Cauet vulgaire. De la rage vaine, vide donc laide. Celle qui rabougris au lieu de faire grandir. Râler pour ne pas penser. A quoi bon d'ailleurs? Finir ses phrases par "C'est comme ça..." les points de suspension étant le clou de la phrase : 3 clous plantés comme des évidences et signifiant : Le monde est fou et bête, je ne le comprend pas

Ou des clous comme une manière de s'autoflageller. Moyen efficace de lui rappeler ce qui lui manque et qui l'empêche de comprendre. Du recul? Du sens? Un jardin des possibles à débroussailler. S'écorcher avec les ronces ignobles mais famillière de nos idées qui ne sont pas notre : semé par d'autres bien pensant puis entretenu maladroitement. Idées filtrées par mille prismes brinquebalant de jardinier paresseux ayant perdu l'usage de leur sécateur. Et de l'esprit initial : pur et fort, il ne reste qu'un ersatz profondément modifié. Le soleil puissant d'orgueil et de fureur était désormais pâle rayon blanchâtre des matins d'hiver. Un pâle rayon ne peut réchauffer, une pâle idée ne peut faire penser.

 

Écrire un commentaire